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Le 11 juin 2010, Christophe Girardin s'est rendu à Bienne pour courir la mythique course des 100 km. Le CSPL le félicite pour cet exploit
sportif. Voici donc son compte-rendu.

Chers amis sportifs,

 

Après bientôt 30 ans de course à pied, j’ai donné une nouvelle orientation à ma passion. Afin de sortir du train-train quotidien des courses classiques et traditionnelles, j’ai souhaité découvrir de nouvelles sensations à la pratique du running. C’est donc naturellement que le 11 juin dernier, j’ai pris part à la 51ème édition des 100 km de Bienne. Pour participer à un tel événement, il va de soi que l’entraînement n’est pas à négliger. Pour ce faire, j’ai dû avaler, depuis le début de l’année, environ 600 km de course à pied, 812 km de vélo et 50 km de ski de fond. Pour les novices, ces chiffres peuvent paraître impressionnant mais une fois la course terminée, je peux vous garantir que c’est largement pas assez si vous souhaitez terminer sans trop souffrir. La préparation idéale devrait se faire sur une période de 4 mois à raison de 100 km par semaine au minimum, soit 1600 km.

 

Jour J, 11 juin 2010, 2150, me voilà sur la ligne de départ. Le stress et l’inquiétude m’envahissent. 22h00… Coup de pistolet et me voilà parti dans la nuit seelandaise avec 1600 autres coureurs. Après les premières minutes de course, je me demande ce que je fais dans ce peloton. Les premiers kilomètres me font vite comprendre qu’il s’agit d’un jour sans. En effet, au 15 km déjà, de grosses contractures se font ressentir sur le haut des cuisses. Au 25ème, des problèmes gastriques viennent s’ajouter. Au 30ème, une seule idée occupe mon esprit ; abandonner au premier grand poste situé au 38.5 km. A cet endroit, je reprends du poil de la bête et me dit qu'il faut que je fasse au moins la moitié du parcours. Me voilà donc parti jusqu'au 2ème grand poste de ravitaillement situé au 56.1 km. Peu avant ce poste, moral dans les chaussettes, cuisses toujours durs et les problèmes gastriques sont toujours présents. De plus, le plaisir n’y est plus. Nouvelle idée d’abandon. Arrivé au 56.1 km, je m’arrête pour un massage complet. Ce dernier terminé, je n'ai plus les jambes pour repartir. Je commence à frissonner avec le jour qui se lève. Le car postal pour les abandons se trouve juste à côté. Je m’arrête un instant devant les portes et hésite à monter à bord. Voyant des coureurs (femmes et hommes) d’un certain âge continué la course, je décide de me foutre un pied dans le cul en me disant "Tu peux aussi y arriver". Me voilà donc reparti.  Au 65ème, je retrouve de bonnes sensations sur les 7 prochains kilomètres. Arrivé au 3ème grand poste, (76.6 km) je m’arrête une nouvelle fois pour un grand massage. Ayant effectué les ¾ du parcours, il n'est plus question d'abandonner à ce stade de la course. Je décide donc de terminer  l’épreuve en serrant les dents. Les 20 derniers kilomètres se sont effectués dans la douleur. Les panneaux kilométriques 90 et 99 vous redonne un moral d’acier. Pour preuve, j’effectue le dernier km en moins de 5 minutes. Une grosse émotion m'emporte à 100 mètres de la ligne d'arrivée. De gros frissons m’envahissent en plus d’une gorge nouée et de quelques larmes. Je ne réalise toujours pas d'avoir parcouru l'entier du parcours avec les gros problèmes du début de course. Cette aventure m'a permis de me découvrir d'avantage et d'apprendre encore plus de soi même sur les capacités mentales et physiques que l'on peut développer dans une telle épreuve. Une très bonne expérience de la vie.

 

Classement :

 

884/1059 chez les hommes

 

1031/1260 au scrach.

 

77/88 ma catégorie.

 

350 coureurs ont abandonné ou ont terminé à l'un des 3 grands postes.

 

Je relève que le rang ainsi que le temps n'ont aucune importance à mes yeux pour une première participation de ce genre. Le but principal était de finir sur ses deux jambes.

 

                                                                          

 

                                                                                                                                                            Christophe GIRARDIN


                             
                                                                                                                                       Ca sent l’écurie. Plus que 10 petits km...


                   
               M
oment immortalisé devant le plus beau                     Après 100 km, 450 de dénivelé positif et 15h47’44’’ de course, la boucle est enfin bouclée. 
               panneau du parcours                                                 A ce moment, la souffrance disparaît pour laisser place à la joie à l’émotion et à une 
                                                                                              grande satisfaction personnelle.
 

 


              


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